Les expressions liées à l’automobile

22 Août 2016 | Infos conducteur

De nos jours, l’automobile occupe une place très importante dans la vie quotidienne des gens. Depuis ses débuts à la fin du XIXe siècle, et après toutes ses modifications depuis, l’automobile a bien évolué. La langue française a aussi évolué, et de nombreuses expressions liées au domaine automobile sont apparues. Avatacar vous propose de découvrir la signification et l’origine de quelques-unes d’entre-elles.

 

En voiture, Simone !

> Signification

Partons, allons-y !

 

> Origine

En 1929, à 19 ans, Simone Louise de Pinet de Borde des Forest passe son permis de conduire. Dans les années qui suivent, elle décide de se lancer dans la course automobile, quelque-chose de plutôt rare pour une femme. Elle participe à des courses automobiles et à des rallyes jusqu’en 1957, sans jamais avoir le moindre accident. En 1950, elle fut aussi l’une des premières femmes à ouvrir une auto-école, dans laquelle elle enseignera pendant 25 ans.

Dans les années 1960, Guy Lux et Léon Zitrone animent le jeu télévisé Intervilles. C’est en s’adressant à Simone Garnier, troisième présentatrice de l’émission, que Guy Lux avait l’habitude de dire « En voiture Simone, c’est moi qui conduis, c’est toi qui klaxonnes ! » en référence à Simone Louise de Pinet de Borde des Forest. Cette phrase a été raccourcie et est entrée dans la liste des expressions françaises.

En Voiture Simone ! - Expressions

 

Tête à queue

> Signification

Il s’agit d’un mouvement de la voiture qui, après un dérapage, se retrouve dans le sens contraire à son sens de déplacement.

 

> Origine

De nombreuses expressions font référence à l’anatomie ou au monde animal dans l’univers de l’automobile. Partir en « tête à queue » en fait partie. En équitation, un cheval fait un tête à queue quand il se retourne brusquement. En effectuant ce mouvement, sa tête est donc placée là où sa queue était peu de temps avant. La voiture exécute le même mouvement quand elle fait un tête à queue.

 

En dehors des clous

> Signification

L’expression « être en dehors des clous » se dit d’une personne qui n’est pas dans le respect ou dans les limites de ce qui est attendu.

 

> Origine

Jusque dans les années 1950, qu’elles soient pavées ou goudronnées, les routes étaient balisées à certains endroits pour que les piétons puissent traverser. Ces zones pour traverser n’étaient pas matérialisées par de larges bandes blanches comme aujourd’hui, mais par de gros clous enfoncés dans le sol, dont seule la tête bombée était visible. Ils étaient enfoncés en formant deux lignes perpendiculaires à la route, les piétons devaient traverser entre celles-ci.

S’ils traversaient en dehors de la zone prévue, on disait qu’ils étaient alors en dehors des clous. C’est vers le début de la deuxième moitié du XXe siècle, lorsque les clous sont peu à peu remplacés par les bandes blanches que nous connaissons, que l’expression naît et est généralisée. Sa signification va au-delà du code de la route pour englober tout comportement qui sort des règles ou des limites.

Passage Clouté - Expressions

 

Partir sur les chapeaux de roues

> Signification

Cette expression très imagée est employée pour dire que quelqu’un a effectué un démarrage très rapide ou précipité.

 

> Origine

De nos jours, les jantes en aluminium sont très à la mode grâce à leurs avantages en terme de poids, de solidité ou d’esthétisme. Cependant, il y a quelques décennies, presque toutes les roues de voiture étaient munies d’enjoliveur pour cacher des jantes tôle, moins esthétiques. Dans les virages qui étaient pris serrés et à grande vitesse, les enjoliveurs (aussi appelés « chapeaux ») frottaient parfois sur la route. L’expression a ensuite été étendue pour caractériser une conduite rapide et sportive, puis pour qualifier un départ très rapide ou précipité.

N’hésitez pas à consulter notre article sur les différents types de jantes pour en apprendre davantage !

Enjoliveur - Expressions

 

Appuyer sur le champignon

> Signification

Lorsque quelqu’un demande d’appuyer sur le champignon, cela signifie qu’il faut accélérer !

 

> Origine

Aujourd’hui, sur les voitures, les pédales ont une forme plate optimisée pour pouvoir appuyer dessus facilement. Toutefois, les pédales des premières automobiles avaient une forme particulière : au bout d’une tige métallique se trouvait une demi-boule, sur laquelle il fallait appuyer. Il y avait donc une grande ressemblance avec un vrai champignon ! L’expression « appuyer sur le champignon » est apparue par rapport à la forme initiale de ces pédales, pour signifier « accélérer ».

Pédale champignon - Expressions

 

Faire une queue de poisson

> Signification

Faire une queue de poisson désigne l’action de se rabattre rapidement après le dépassement de quelqu’un d’autre, sans respecter les distances de sécurité.

 

> Origine

Cette fois encore, cette expression automobile est très largement inspirée par le monde animal. Cette expression fait référence au mouvement des poissons qui, lorsqu’ils nagent, donnent des coups de queue à droite et à gauche, pouvant frôler un autre poisson présent juste à côté. On considère qu’un rabat rapide en voiture est ressemblant à ce comportement.

 

Mettre la gomme

> Signification

Lorsque quelqu’un vous demande de « mettre la gomme », il souhaite que vous vous dépêchiez, que vous alliez vite.

 

> Origine

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette expression ne vient pas des traces de gomme que les pneus peuvent laisser lors d’une accélération brusque. Autrefois, l’essence était composée d’une proportion importante de gomme. Une conduite sportive de la part du conducteur provoquait souvent une surconsommation de carburant. De la gomme était alors dégagée à l’échappement, la substance était visible et avait une forte odeur. Aujourd’hui, le taux de gomme dans l’essence a été réduit, mais l’expression est restée.

N’hésitez pas à aller découvrir notre article sur les différents carburants !

La place du mort

> Signification

L’expression « la place du mort » désigne, dans une voiture, la place passager à l’avant.

 

> Origine

L’origine de cette expression est très simple. Auparavant, un passager qui occupait la place passager à l’avant de la voiture avait statistiquement plus de chance d’être tué. Contrairement aux passagers à l’arrière et au conducteur, il n’y a pas d’obstacle entre cette « place du mort » et le pare-brise. En effet, il n’y a ni volant, ni siège devant lui et le tableau de bord est généralement plus bas et bien dégagé à cet endroit. On peut noter aussi que le passager occupant la place du mort était plus exposé à toute collision notamment en cas de refus d’une priorité à droite à un autre véhicule.

Néanmoins, aujourd’hui, de nombreux progrès ont été réalisés en termes de sécurité des passagers à bord d’une voiture. On peut noter l’obligation de mettre la ceinture de sécurité à l’avant (obligatoire depuis 1973) et à l’arrière (obligatoire depuis 1990), l’apparition des airbags frontaux et latéraux, les progrès techniques pour les sièges auto, etc. Les véhicules actuels sont testés à l’aide de crash-tests pour s’assurer de la bonne sécurité allouée pour les occupants. L’expression est pourtant restée.

 

Prendre la corde

> Signification

Quand un pilote « prend la corde », cela veut dire que la trajectoire qu’il a prise dans un virage était optimisée pour aller le plus vite possible.

 

> Origine

Cette expression date du milieu du XIXe siècle, à l’époque où les courses hippiques se sont beaucoup développées. Le côté intérieur de la piste était alors délimité par une corde. Dans les courbes, le cheval qui était le plus proche de la corde avait ainsi un avantage sur les autres, sa trajectoire étant plus courte. L’expression était utilisée pour parler du jockey le plus proche de la corde. Aujourd’hui, l’expression « prendre la corde » est toujours utilisée dans le domaine de la course automobile pour signifier qu’un pilote a pris la meilleure trajectoire dans son virage pour perdre le moins de vitesse possible et gagner de précieuses secondes.

Prendre la corde - Expressions

 

Péter une durite

> Signification

L’expression « péter une durite » est employée pour qualifier quelqu’un qui est complètement en train de craquer, de s’énerver, de perdre son sang-froid.

> Origine

Cette expression a bien pour origine le milieu automobile, et plus précisément la mécanique automobile. En effet, une durite est un tube en caoutchouc présent sous le capot, qui sert à acheminer un liquide d’un endroit du moteur à un autre. Le liquide peut être de l’essence, du liquide de refroidissement ou encore de l’huile. Autrefois, ces durites avaient tendance à se déchirer ou à se détacher là où elles étaient branchées (en argot… à péter). La fuite qui en résultait pouvait avoir des conséquences très graves (imaginez un moteur qui n’est plus refroidi par le liquide de refroidissement ou de l’essence qui est versée sur un moteur très chaud). Ce phénomène est devenu très rare de nos jours, heureusement pour nous ! À l’origine, Durit est une marque spécialisée dans la fabrication de ces tubes, mais le nom est tombé dans le langage commun (comme la marque frigidaire).

 

Couler une bielle

> Signification

Si vous entendez quelqu’un dire qu’il a coulé une bielle, il utilise l’expression pour mentionner qu’il était tellement épuisé qu’il a craqué, moralement ou physiquement.

> Origine

La bielle est une des pièces du moteur, située entre le piston et le vilebrequin. Cette pièce sert à transformer le mouvement linéaire des pistons en un mouvement de rotation du vilebrequin. Si vous souhaitez en apprendre plus sur cette action, consultez notre article sur les différentes courroies de distribution.  Entre la bielle et le vilebrequin, des coussinets en acier recouverts de métal antifriction sont présents. Leur but est de réduire la friction entre les deux pièces pour éviter qu’elles ne chauffent de trop. On dit que la bielle est coulée lorsque, malgré les coussinets et la lubrification, un échauffement trop important est provoqué et entraine la fonte du métal antifriction. Les pièces mobiles (bielle et vilebrequin) sont alors en contact direct, ce qui engendre des chocs entre-elles et les détruit. Cette expression a été ensuite déformée pour signifier que quelqu’un craque d’épuisement moral ou physique.

Coussinet Bielle - Expressions

 

 

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Images : L’Argus